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21 janvier 2022
Xavier BAUDON DE MONY-COLCHEN (Maslacq (Pyrénées) 1941-1947)

Décès - Message de son épouse

C'est avec une vive émotion que nous apprenons le décès le 21 janvier 2022 à l’âge de 90 ans de notre camarade

Xavier Baudon de Mony Colchen
Maslacq 1941 – 1947
HEC 55, frère de Gérard Oblat de l'abbaye du Barroux
Chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand

Tu trouveras ci-après le très beau sermon de son fils l'abbé Louis Baudon de Mony Colchen de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

L’AERN présente à son épouse, ses six enfants ses vingt-trois petits-enfants et ses neuf arrières petits-enfants ses plus sincères condoléances

 

Sermon pour les funérailles de papa,
Xavier Baudon de Mony Colchen
Saint Eugène-Sainte Cécile
le 26 janvier 2022

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

« Recevez cette lumière. Gardez sans défaillance la grâce de votre baptême. Observez les com­man­de­ments de Dieu ; ainsi, quand le Seigneur viendra pour les noces éternelles, vous pourrez aller à Sa rencontre avec tous les saints dans la cour céleste et vivre dans les siècles des siècles. »

Cher papa. Voilà les paroles qu’un humble prêtre vous a dites le jour de votre baptême il y a presque 90 ans. Il vous a donné rendez-vous à la fin de ce passage ici-bas, et ce rendez-vous, aujourd’hui, est arrivé ! Qu’avez-vous fait de la grâce baptismale, qu’avez-vous fait des promesses de votre baptême de renoncer à Satan et de vous attacher toujours à Jésus-Christ, fidèle à Son Église ?

Après avoir reçu la vie naturelle, mortelle, de vos parents, vous avez reçu la vie Surnaturelle, de Dieu, Il vous a fait participer à Sa vie, la vie divine, donc immortelle, ce jour de votre baptême. Le prêtre vous a alors demandé : « Xavier, que demandez-vous à l’Église de Dieu ? » Et vous avez répondu par la voix de votre parrain et de votre marraine : « La Foi ! » Puis le prêtre vous a interrogé : « Que vous procure la Foi ? » Réponse : « La vie éternelle ! » Il vous a alors dit : « Si vous voulez obtenir la vie éternelle, gardez les commandements : tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur de toute ton âme et de tout ton esprit et ton prochain comme toi-même. »

Quel raccourci saisissant dans ce sacrement de baptême où en donnant la vie divine à un bébé, on lui parle de sa mort ! Et où la vie terrestre n’est évoquée que sous le rapport du plus grand des commandements, celui de la Charité.

Vous voilà aujourd’hui entré dans la vie éternelle. Il est indéniable que vous avez pris très au sérieux votre baptême. La vie éternelle ?

Vous en avez rêvé toute votre vie. La terre ne vous intéressait pas. La mort de votre père, alors que vous n’aviez que 18 ans, n’y est sûrement pas pour rien.

Beaucoup de biens matériels vous ont été donnés, beaucoup vous ont été repris, tout cela n’a jamais été le trésor de votre vie car là n’était pas votre cœur.

Le cœur de votre vie se résume en 5 mots : Foi, vérité, droiture, fidélité et transmission.

Cette Foi reçue à votre baptême, condition sine qua non pour entrer au festin des noces, vous l’avez gardée toute votre vie, et elle en était le cœur. Comment ? D’abord grâce à des maîtres qui ont nourri votre intelligence et pour lesquels la Foi était la priorité : André Charlier, directeur des Roches à Maslacq, plus tard votre directeur spirituel le père de Chivré, dominicain, votre ami d’enfance Dom Gérard Calvet, futur fondateur de l’abbaye du Barroux et aussi Jean Madiran, votre professeur de philosophie, fondateur de la revue Itinéraires à laquelle vous avez été abonné du premier au dernier numéro !

Comme ces maîtres, et à leur suite, vous avez posé des choix radicaux, aussi radicaux que l’Évangile, loin des modes et du monde auquel vous n’avez jamais cherché à plaire et même que vous détestiez. La preuve, c’est cette phrase inlassablement répétée à la maison et qui résonne toujours à nos oreilles : « Il n’y a que les chiens crevés qui vont dans le sens du courant ! » Ainsi, avez-vous été critiqué par les gens du monde mais tellement aimé et admiré par les gens simples pour lesquels vous avez été un modèle, un exemple et donc un père. Un certain nombre sont ici, ils nous sont aussi chers que vous l’êtes pour eux.

La Foi est inséparable de la vérité puisque celui qui a dit : « Je suis LA Vérité » est Jésus Christ, objet de notre Foi ! Avoir la Foi en JC, c’est chercher toujours la vérité. Quoi qu’on en dise aujourd’hui, il y a une vérité sur Dieu, sur l’homme et sur la destinée humaine. Et on ne doit jamais transiger avec elle. Tout le reste n’est que balivernes comme vous aimiez à le dire ! Et les balivernes étaient toujours balayées d’un geste de main qui en disait long.

Mais pour accéder à la vérité, la saisir, il faut cette innocence du cœur, cette pureté de cœur, cette droiture d’intention et vous les possédiez à un point qui en était même désarmant. Combien de personnes vous ont fait du mal parce qu’elles ont abusé de votre droiture, de votre innocence ? Mais Dieu, le juste Juge, sait ce qu’il en est, vous n’avez pas cherché la justice des hommes, vous avez attendu celle de Dieu. Vous allez voir Dieu désormais car « bienheureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! » (Mt 5-8)

Enfin, la vertu qui couronne toute votre vie c’est la fidélité. Alors que cela chauffait à la maison, comme trop souvent, vous m’avez « lâché » un jour : « J’ai peut-être plein de défauts mais je suis fidèle ». Je me suis alors tu sur-le-champ et je n’ai jamais oublié. La fidélité à vos maîtres, à la Foi reçue au jour de votre baptême, à votre épouse, notre mère, a aussi été la grande affaire de votre vie.

Et puisque j’évoque cette fidélité il y en a une admirable que je voudrais relever ici : c’est la fidélité au sacrement de pénitence. Vous vous êtes confessé très régulièrement toute votre vie. En effet, vous saviez que vous n’étiez pas parfait (et nous le savions aussi !) et que la vie consiste à demander pardon et à pardonner : c’est la seule voie possible pour être fidèle et pour être vraiment chrétien. On ne peut pas être chrétien en faisant abstraction de ce sacrement qui nous réconcilie avec Dieu, avec nos frères et avec nous-même.

Transmission. Quand on vit pour la Foi et la vérité dans l’innocence et la fidélité, eh bien on transmet. Vous l’avez fait par votre exemple et par vos paroles. Avec maman d’abord, puis auprès de vos enfants. Les vocations ont fleuri dans la famille et ceci est bien le fruit de la transmission.

Et chacun de vos enfants y travaille aussi d’arrachepied, grâce à vous, et à la miséricorde de Dieu qui nous a choisis comme instruments à Son service. Cette fécondité de votre vie, avec maman, est aussi le fruit de vos croix, de la croix…

Foi, vérité, droiture, fidélité, transmission, aucune épreuve n’a pu altérer ce carnet de route de votre vie même celle, et non des moindres, qui date du 13 septembre 2015 : la mort de votre petit fils Aloys et son entrée dans la gloire.

Je ne peux aussi manquer d’évoquer la vertu d’Espérance qui a toujours été, comme votre Foi, chevillée au corps. Jamais devant la situation de la France ou de l’Église vous n’avez manqué d’Espérance. C’est évidemment le fruit de la Foi ! C’est la certitude que Dieu veille sur notre monde et que les vicissitudes de ce monde n’échappent pas à sa Providence qui mène toute chose.

Cette Église à laquelle vous avez été fidèle, vous l’avez servie très concrètement dans le diocèse de Meaux pendant des décennies dans la gestion de biens immobiliers au service de ce diocèse, ce qui vous a valu le titre de Chevalier de St Grégoire le Grand, distinction que vous avez pratiquement gardée secrète.

Vous allez maintenant rejoindre Aloys. Alban, l’aîné des arrière-petits-enfants a dit que vous aviez bien de la chance car vous êtes le premier de nous tous ! Nous prions Dieu qu’Il vous fasse Miséricorde et qu’Il vous accueille avec ces paroles : « Bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, je t’en confierai beaucoup, entre dans la joie de ton Seigneur » ! (Mt 25-23)

Chers tous ici présents, c’est à vous que je m’adresse pour terminer car papa n’a plus besoin de sermon !

Vous aussi : « Gardez sans défaillance la grâce de votre baptême. Observez les com­man­de­ments de Dieu ; ainsi, quand le Seigneur viendra pour les noces éternelles, vous pourrez aller à Sa rencontre avec tous les saints dans la cour céleste et vivre dans les siècles des siècles. » Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Abbé Louis Baudon de Mony Cochen

 

Mme Xavier Baudon de Mony Colchen, son épouse : sbdemony@dbmail.com



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