Actualités

Partager sur :

DANIEL VENTURINI REÇOIT L'AERN

09 septembre 2023 Ancienne / Ancien
Vue 592 fois

Ayant occupé presque tous les postes à l’École des Roches en vingt- huit années de présence, Daniel Venturini se partage désormais entre le Continent et la Corse, son engagement à l’Unicef et ses trois enfants, Élsa, Julien et Énzo et six petits-enfants. Au cours d’un long entretien téléphonique, il s’est livré comme jamais sur sa carrière de professeur, de chef de maison, de directeur et d’observateur de la vie d’une des meilleures écoles au monde.

Olivier Michel : Tu es d’origine corse ?
Daniel Venturini : Absolument pas ! Je suis né en 1941 à Mulhouse, d’un père italien et d’une mère autrichienne, comme l’atteste mon livret de famille allemand, car l’Alsace était occupée à l’époque. Mais j’ai eu des parents installés près de Corte.
OM : Qu’as-tu fait comme études ?
DV : J’ai fait ma seconde, première et terminale dans un internat, l’Ecole Nationale Professionnelle à Épinal. Après un BTS en électronique industrielle à l’ENREA et des cours de Machines Mathématiques au Conservatoire des Arts et Métiers, je suis entré à la Compagnie Internationale pour l’Informatique, à la fin des années soixante avant d’intégrer ensuite une filiale d’ITT, un conglomérat américain, où j’occupais le poste d’ingénieur en recherche informatique.
OM : A Paris ?
DV : Oui, avant d’être envoyé à Madrid pour développer le premier central téléphonique piloté par ordinateur, avec une équipe de 150 personnes. J’y ai passé trois ans.
OM : Tu poursuis ta carrière à Paris ?
DV : Pas vraiment car j’ai été pris d’une envie irrésistible de changer de vie. Je ne supportais plus les allers-retours en train ou en avion, entre Madrid, Rome, Bruxelles et Paris. En 1974 je démissionne de tout !

Daniel Venturini  dans sa maison en Corse

OM : Un saut dans le vide ?

DV : Oui et non, mais il fallait avant tout que ma vie professionnelle d’alors s’arrête.
OM : Et…
DV : J’avais une furieuse envie de campagne, de nature, et grâce à un ami, j’achète une ferme ancienne à restaurer, à Francheville, près de l’École des Roches. A 9 kilomètres.
OM : Nous y voilà…
DV : Presque ! Je rencontre l’abbé SIMON curé de ma nouvelle paroisse, qui me propose peu après de rencontrer le directeur de l’École des Roches, Félix PAILLET, pour remplacer, peut-être, Jacques ABEL, professeur de mathématiques parti à la retraite. Comme j’avais été professeur de mathématiques au cours de mon service militaire à Diego Suarez (Madagascar), M PAILLET me dit de commencer par un stage de vacances qui se passe très bien. A la rentrée 1974, je suis en charge des maths pour les cinquièmes et troisièmes et chargé d’introduire des TP d’informatique sous la conduite d’Yves HERSENT. Bernard DEMEILLERS sera qui plus est mon mentor dans ma nouvelle vie professionnelle. Il ne faut pas perdre de vue que je n’étais pas universitaire de formation.
OM : Tu découvres soudain l’univers rocheux, un monde particulier, critiqué par les uns, encensé par les autres. Quelle a été ta première impression ?
DV : C’est simple, je suis tombé amoureux de l’école, et du projet éducatif d’Edmond DEMOLINS. Félix PAILLET me nomme chef de maison de l’Iton, une maison accueillant des jeunes filles un peu « rebelles ». Avec mon épouse et mes deux enfants Elsa et Julien, nous avons passé une année extraordinaire avec pour récompense, d’excellents résultats au bac. Par la suite, je me consacrerai exclusivement à mon rôle de prof de maths et d’informatique.
OM : Tu avais en tête de rester longtemps à l’école ?
DV : J’y avais trouvé ma place et Felix PAILLET me propose en 1980 de reprendre la Colline comme chef de maison, après le départ à la retraite de Suzanne VANNIER, et un bref passage d’un an de Yann Le PICHON.
OM : Quel parcours !
DV : Ma découverte du terrain continue. En 1986, la direction me nomme Secrétaire général de l’école, tout en partageant la direction des études avec Bernard BOUSSION. 
OM : Tu n’as jamais rencontré d’obstacles majeurs ?
DV : Si bien sûr. Lorsque Jean de FOUQUIÈRES est nommé directeur, il me propose de reprendre en 1989 la direction de la Tournelle, internat d’école primaire à Septeuil. Un cadeau empoisonné, puisque la maison était sur le point de fermer avec 60 élèves seulement. J’ai relevé le défi, et un an plus tard, on en accueillera 150.
OM : L’école traverse une mauvaise passe n’est-ce pas ?
DV : Oui mais M KAMINSKY, nouveau propriétaire de l’école, après une année de flottement et de nécessaire imprégnation de la culture rocheuse, en 1990 me propose la direction et j’ose affirmer que nous la sauvons du désastre. Ce fut une période passionnante. Nous passions de projets en projets : contrat d’association avec l’Etat, réactivation de la vie de maison, du rôle des capitaines, devoirs surveillés le samedi matin, croissance du Français Langue Etrangère, reprise de la coupe d’éloquence, etc…, grâce à une équipe de professeurs et de chefs de maisons investis.

OM : Combien d’années resteras tu à l’école ?
DV : Je partirai à la retraite en 2002, emportant avec moi la foi de DEMOLINS que j’ai eu chevillée au corps, tout au long de mes vingt-huit années sur place, et que j’ai greffée sur l’UNICEF.

Daniel Venturini, très investit dans le programme UNICEF

OM : Dernière question : quel est ton meilleur souvenir à l’école ?
DV : Question difficile car j’ai engrangé un meilleur souvenir par jour… celui de croiser la curiosité d’un jeune, celui de découvrir un esprit éclairé, celui d’avoir su gagné la confiance d’un collaborateur, celui de répondre à une main tendue… 
Un souvenir marquant tout de même, après son année de sixième avec son extraordinaire professeur aveugle Monsieur SCHRICKE, conteur passionné de la Grèce antique, notre fils Julien nous a réclamé et organisé un voyage en Grèce pendant les vacances !

 

 

© Olivier MICHEL (Pins : 1971 - 1974)

La famille Venturini, le père, le fils et le petit-fils.




9
J'aime

2 Commentaires

Manuela CACCIAGUERRA (Fougères 1978-1982)
Il y a 9 mois
Très Cher Monsieur Venturini.
Vous avez été mon prof préféré et le seul qui m'a fait aimer les mathématiques. Je vous en suis reconnaissante. Merci.
Manu
Marie Paule WAGNER (Adulte ER Ancien 1983-1990)
Il y a 9 mois
En tant que collègues, nous avons passé tant de bons moments. Avec Véronique Jullien nous parlons souvent de toi puisque nous nous voyons toujours et passons des heures à nous souvenir dans lesquelles nous évoquons nos rires, nos fous rires avec toi.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Connectez-vous.

Proposer une actualité